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a réputation des restaurants ethniques ne tient certes pas à leur décor. Chinois, Vietnamiens, Thaïs,
Éthiopiens semblent trop souvent tabler sur l'exotisme de leur cuisine et oublient qu'ambiance et service sont
aussi une partie intégrante de l'expérience gastronomique. Mais dans la foulée d'un nouvel engouement pour
les cuisines du monde, certains restos ont commencé à se faire une beauté, question de se démarquer.
Ouvert depuis le printemps, Khao Thai, nouveau venu sur la rue Murray, est sans contredit un ajout
intéressant au paysage du Marché By. N'en ayant entendu que du bien, je me suis difficilement
retenue d'y courir - le métier exige qu'on laisse à un établissement le temps de peaufiner les détails
en cuisine et en salle. Mais voici qu'en cette soirée où Leah et moi avons toutes deux grand besoin
d'un petit remontant, nous nous y dirigeons avec enthousiasme.
La surprise, donc - même si on me l'avait dit et redit - tient d'abord au décor. L'espace est
élégant,
décoré d'objets et d'images de la Thaïlande;
ameublement, couverts et vaisselle portent le même
souci de bon goût, loin du kitsch exotique. L'accueil est tout sourire, et bien que notre serveur n'ait
de thaï que le costume... et l'épouse (!), nous ne saurions lui en tenir rigueur tant il est sympathique
et avenant.
Le menu qu'on nous propose, bilingue, est vaste. Très vaste. Trop vaste? Pour les grandes
angoissées de la décision que nous sommes, les dizaines de plats qui s'étalent ici annoncent de
longs et douloureux débats. Si nous nous entendons rapidement sur les entrées, ce sont les plats
qui nous donneront du fil à retordre: caris? sautés? poisson? poulet? plats végétariens? Tout y est.
En entrées, deux grands succès: d'abord, une salade de papaye verte finement râpée est tout en
fraîcheur, offrant un équilibre parfait entre le sucré, le salé et l'épicé. Tout aussi réjouissante est une
assiette de Miang Som, quartiers d'orange ouverts en papillon sur lesquels est déposé un délicieux
mélange de porc haché, arachides broyées, sucre brun
et piment fort.
Nous poursuivons avec un Makua Yaow Len Goong, sauté de crevettes, aubergines et poivrons: bon, mais pas
renversant. Les crevettes sont nombreuses et cuites juste ce qu'il faut, alors que les aubergines sont bien
fondantes, mais on voudrait l'ensemble un brin plus relevé. Comme deuxième plat, nous avons arrêté
notre choix sur le Gai Hor Bai Toey. Des morceaux de poulet bien dodus, tendres et juteux sont marinés,
puis enveloppés et cuits dans des feuilles de pandanus
(proches cousines des feuilles de bananier), qui
donnent un petit goût sucré-salé à la viande qu'elles
embrassent. Le tout est servi avec une sauce aux
prunes et sésame qui pèche par un léger excès de sauce de poisson. Ces deux plats sont accompagnés
d'un excellent riz collant servi dans un de ces mignons paniers à couvercle. Nous terminons avec un thé à la
citronnelle à la saveur un peu terne.
Somme toute, l'expérience invite à revenir - il reste
tant de choses à goûter! Et à une quarantaine de dollars pour deux, avant vin, taxes et pourboire, on
pourra se permettre de tout essayer!
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